MADAME MICHU intrônisée par la co-construction

Après avoir méprisé le top-down, subi le diktat du bottom-up, avoir épuisé les charmes trompeurs de la démocratie participative, la co-construction se fait une place qui, au-delà du phénomène de mode, est une voie royale pour une communication enfin authentique.

Faisons court : la communication a toujours reflété, parfois précédé en ce qui concerne la pub, l’époque dans laquelle elle s’inscrit.
Rien de plus normal.
Le miroir qu’elle tend à la société a l’avantage de révéler ce qu’elle est profondément. Ainsi, en communication corporate, les décennies qui nous ont précédés ont vu des kilomètres de langues de bois et autres washing en tous genres noircir les pages des brochures et rapports annuels. L’happycratie consensuelle à laquelle les communicants étaient condamnés dit assez de l’hypocrisie d’une société qui refusait de voir tous les aspects d’une question pour n’en retenir que le “positif”.
Du coup, les seules audaces que se permettait la com, via sa rejetonne la plus turbulente, la pub’, étaient gentiment provocatrices pour tenter d’ouvrir une brèche transgressive dans l’omerta du politiquement correct.
Reconnaissons au passage que, une fois ou l’autre, la communication publicitaire a pu éveiller des consciences (sans oublier de stimuler des désirs, bien sûr !).

Autres temps, autres moeurs

L’audace d’aujourd’hui est d’une toute autre nature.
Pour les communicants de tous bords, annonceurs ou agences, il ne s’agit plus de théoriser des axes de communication à partir d’analyses comportementales, il s’agit de rendre présentable et audible la simple réalité.Ce qui était une interdiction absolue, une hérésie, devient le canon de la production des fondamentaux de la communication. Madame Michu était traquée dans ses attitudes et comportements, on cherchait à la manipuler pour la contraindre à penser et agir autrement.
Ce temps est révolu : madame Michu est une reine courtisée et sa collaboration est désormais requise.On appelle ça de la co-construction. Pas du bottom-up, pas du panel téléguidé par les intérêts supérieurs du profit.
De la co-construction.
Des vrais gens (sic) collaborant avec de vrais professionnels de la com (re-sic) pour enfin dire les choses comme elles sont et imaginer comment il faudrait qu’elles soient. Les résultats sont rafraîchissants et conformes aux espoirs qui naissent ici ou là dans une société mondiale qui se découvre comme entité capable de revendiquer un bonheur pas seulement matériel.
Brief expérimente avec délice cette co-construction qui la rapproche de ses propres convictions, une com authentique avec des vrais morceaux de sens dedans.

Il ne s’agit plus de théoriser des axes de communication à partir d’analyses comportementales


DENIS ALLARD
Président de l’agence BRIEF

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