Science et communication : on est mal !

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Exprimons notre différence

Science et communication : on est mal !

Science et communication : on est mal !

C’est à peu près acquis, les qualités de l’Internet sont innombrables. Pour faire bonne mesure, ses défauts aussi. Ainsi, la série Covid-19, –saison 2 en cours–, procure aux 66 millions de spécialistes en épidémiologie que compte la France l’occasion de débats hauts en couleurs. Aux détours de posts enflammés commentant un article construit sur des approximations et décoré par quelques fautes d’orthographes, il est possible d’assister au fascinant spectacle d’une joute sans merci entre un bac+18 et un respectable magasinier de grande surface qui se donnent coups sur coups tout en cherchant habilement à se faire liker par des badauds pour qui tout ce qui est énoncé est vérité. On ne se soucie pas des conditions qui conduisent à l’énoncé (qui parle ? est-il compétent ? ses arguments sont-ils documentés ?), on accepte tout ce qui vient, sans sens critique, sans volonté de discernement. Résultat, on est mal ! La science est ravalée au rang de passe-temps pour apprentis chimistes, la déchéance lente mais certaine de toute forme d’autorité, dans le pays des Lumières de moins en moins éclairées, conduit inévitablement à tous les genres de remises en causes, du doute plutôt sain et nécessaire au complotisme sans intérêt, sauf pour les poubelles.

Oui, la face obscure d’Internet est le terrain de jeux favori des embrouilleurs d’esprits, des manipulateurs de toutes sortes de peurs, des épateurs de couillons et des destructeurs de la raison. Et oui, la communication scientifique est prise au piège d’une inextricable mêlée qui fait le lit des ragots et se livre malgré elle en pâture aux crétins auto-proclamés spécialistes en spécialités.
Non ! Internet n’est coupable de rien, nous n’en sommes pas ses contempteurs, mais sa puissance, dont on cerne mal les limites, sert aussi de vecteur à la médiocrité. C’est comme ça. Et compte-tenu de son succès, les media « traditionnels » le jalousent et l’utilisent sans vergogne en le chargeant de leurs extravagances et outrances en tous genres, l’important étant de complaire les robots d’un certain Google (quel drôle de nom) et de maximiser son nombre de tweets pour enfin jouir du regard admiratif de sa concierge au sortir des poubelles.

Et pourtant… il est simple de faire simple (et mieux). L’agence Brief, qui accompagne l’Institut Pasteur dans sa communication depuis quelques années à travers sa Lettre destinée au grand public des donateurs, est ainsi heureuse de vous annoncer qu’elle ne fait que son métier. Rendre intelligible des sujets scientifiques complexes, être simple sans être simpliste, permettre aux 65,9 millions de non-spécialistes une approche rigoureuse et sans parti-pris de questions qui passionnent parce qu’elles traitent du Vivant, de progrès et d’espoirs. Que ce soit sur Internet ou ailleurs, –la Lettre de l’Institut Pasteur est en l’occurrence imprimée–, seule la beauté de la rigueur doit guider les scientifiques, les vrais, et seule la passion de faire comprendre doit guider les communicants qui les accompagnent. N’en déplaise aux membres du café du commerce, il n’y a pas de place pour les spéculations hasardeuses en communication scientifique. Aux scientifiques eux-mêmes de se garder de toute médiatisation de leurs différends. Faute de quoi, qu’ils ne viennent pas pleurer s’ils ne voient plus s’allumer dans les prunelles de leurs concierges ces lueurs d’estime et d’admiration, le soir au sortir des poubelles.

Denis Allard
Président de BRIEF

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